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One Million Yen and the Nigamushi Woman

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les avis de Cinemasie

1 critiques: 3.75/5

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5 critiques: 3.6/5

visiteurnote
Toxicguineapig 2.75
Samehada 4
Inoran 4
Epikt 3.25
Bastian Meiresonne 4


classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement

Travailler rend libre

En voilà une bonne surprise !!
A l'origine commandité comme véhicule pour stars pour la talentueuse AOI Yu, la réalisatrice Tanada Yuki (réalisatrice de "Moon & Cherry", scénariste de "Sakuran" et actrice dans "Bizarre !! Invasion of the ghost bar !") s'empare du genre du teenage movie avec une rare intelligence. Au-delà du cheminement typique de l'assomption de soi-même et en refusant de concéder à l'exigence de ses producteurs de la Nikkatsu d'écrire un "happy end", Tanada signe un très beau portrait réaliste d'une jeune femme entre l'âge adolescent et celui de la maturité et aborde au passage quelques thèmes assez tabous dans l'actuelle société japonaise.
 
A premier coup d'œil, nous avons donc une comédie dramatique, qui démarre sur un incroyable concours de circonstances pour pousser une jeune femme de voler de ses propres ailes, en enchaînant des petits boulots dans différents endroits du Japon. Son dernier arrêt (du moins dans l'histoire, qui nous est présenté) semble également celui du "havre de paix", d'un port où elle pourra finalement jeter ses attaches en emménageant avec un homme…D'un humour discret et subtil avec quelques événements, qui semblent des drames dans une petite vie paisible, "One million yen girl" véhicule au moins autant de beaux sentiments (les clichés en moins) que le récent "Departures" et prouve une nouvelle fois, que le cinéma japonais plus que n'importe qui d'autre sait saisir ces petits moments de la vie.
 
A y regarder de plus près, le film aborde pourtant des thèmes bien plus profonds, qu'il ne paraît au premier regard et confirme la volonté de cinéastes plus "indépendants" à vouloir égratigner des choses plus graves – même sous la joute d'un producteur purement commercial.
Sans vraiment s'y attarder, la condamnation injuste et totalement démesuré (à de la prison FERME) par rapport au "crime" commis est une nouvelle dénonciation d'un actuel code pénal totalement révolu et non adapté par rapport à l'époque présente (voir également l'excellent "I just didn't do it"); pire, cette condamnation pour trois fois rien va s'avérer un lourd boulet à tirer dans une société extrêmement rigide, qui condamnerait le moindre écart de conduite.
 
C'est donc avec une incroyable MEFIANCE, que la petite Yu sera accueillie un peu partout. Il s'agit d'outrepasser le regard d'autrui, de faire fi des préjugés et de faire à tout prix ses preuves.
La seule communauté où elle sera acceptée sera celle perdue dans les montagnes, où elle ramassera des pêches; sauf qu'à découvrir son passé, le retour du bâton sera trois fois plus terrible avec une véritable "chasse à l'homme", qui devra la contraindre à poursuivre son chemin (et aura des sérieuses retombées sur sa famille d'accueil).
Comme déjà évoqué dans le récent "Departures", personne ne cherche à comprendre le "fond" des choses et de la personne; seul compte la première impression (elle est belle, donc elle pourra se faire draguer sur son premier lieu de travail, se fera enrôler comme "ambassadrice" de la seconde région) et le rejet quand on apprend qu'elle a purgé une peine de prison. Elle devra donc constamment jouer un double rôle en se gardant de dévoiler quoi que ce soit de son passé.
 
Cette méfiance est également liée à la peur "de l'étranger"; partout où elle ira, elle est considérée comme une "étrangère", même dans la dernière ville, à peine à une heure et demi en train de Tokyo (presque encore la banlieue de la mégalopole)…Une étrangère dans son propre pays, voilà une belle métaphore de parler de la méfiance des japonais à l'encontre de toute personne "de l'extérieur", sentiment profondément ancré dans les gênes des habitants depuis la réclusion autarcique exercé pendant des siècles au "Moyen-âge féodal" et les répercussions directes du conflit de la seconde guerre mondiale et de la malheureuse occupation américaine pendant les décennies suivantes.
 
Enfin, Yu interprète également un jeune adulte de la "nouvelle génération": une jeune femme libérée du joug de ses parents et entreprenante (elle décide de quitter la maison familiale à un âge relativement jeune), qui n'hésite pas à se déplacer géographiquement (la plupart des japonais sont plutôt sédentaires) pour enchaîner les boulots les plus divers (ce qui va à l'encontre de la vieille tradition de garder un même boulot toute sa vie) et même les plus mal vus (entre serveuse dans un bar sur une place, cueilleuse de fruits et aide dans un magasin de grande surface). Une conduite de vie, qui semblerait presque normale dans notre système occidentalisé à coups de boulots intérimaires, mais qui présente (encore) une sacrée révolution dans un pays comme le Japon.
 
On pourrait encore parler de l'incroyable pouvoir de manipulation de l'ensemble des personnages, qui tentent d'abuser de la jeune fille – abus, qui va justement forger son caractère à devenir une individualiste et
 
SPOILER
 
à reprendre son chemin toute seule
 
FIN SPOLER
 
Bref, une comédie dramatique superbement réussi et bien plus réfléchi, qu'elle n'y paraît au premier abord…AOI Yu peut être fière d'apparaître dans des films de cette qualité. 


04 juin 2009
par Bastian Meiresonne


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